L’Histoire de l’hôtel Arvor

Au cœur de la ville des Lumières, entre Pigalle et l’église Notre-Dame-de-Lorette, l’hôtel Arvor se dresse fièrement rue Laferrière, dans une ancienne impasse qui vît naître en 1842 le poète Stéphane Mallarmé. Aujourd’hui hôtel de charme du 9ème arrondissement de Paris à la façade classique et élégante, son histoire est intimement liée à la vie de ce quartier culturel vivant et animé, où se côtoyaient jadis écrivains, artistes et lorettes, tous les enfants d’un monde en plein bouleversement.

Un hôtel de charme près de La Nouvelle Athènes

L’histoire culturelle du quartier de l’hôtel Arvor commence au début du XIXème siècle, avec l’édification d’un nouveau lotissement sur les pentes du quartier Saint-Georges, en contrebas de la Butte Montmartre. Composé essentiellement de bâtiments et d’hôtels particuliers, ce nouveau faubourg construit entre 1820 et 1860 s’inspirait de l’Antiquité dans son style architectural, dévoilant un goût prononcé des architectes pour la culture hellénique, alors très en vogue.

C’est pourquoi il fût baptisé dès 1823 « La Nouvelle Athènes » par le journaliste Dureau de la Malle, une appellation adoptée par ses contemporains qui allait traverser l’histoire, jusqu’à devenir mythique.

La rue Laferrière est une voie ouverte au début du XIXème siècle, laquelle desservait les écuries des hôtels particuliers des nombreux banquiers qui s’installèrent dans ce quartier naissant, en particulier place Saint-Georges, dont les abords furent progressivement investis par les « nids d’hirondelles » des « Lorettes ». L’Hôtel Arvor, situé au numéro 8 de cette rue fut construit vers 1850 et bénéficia de ce rayonnement culturel, jusqu’à accueillir en son sein des Lorettes, ces femmes élégantes et coquettes qui vivaient de leurs charmes sous la Monarchie de Juillet.

Des Lorettes et des Grisettes

Figures emblématiques de ce quartier chargé d’histoire, les Lorettes étaient des femmes à la recherche d’une vie meilleure qui résidaient essentiellement dans le quartier de Notre-Dame-de-Lorette, édifice à l’origine de leurs noms. Selon les dires du journaliste et homme politique Emile de Girardin, on pouvait parfois les confondre avec des duchesses, tant elles savaient manier l’éventail. Femmes du demi-monde, elles se distinguaient des Grisettes, des femmes de médiocre condition, souvent ouvrières ou dentellières de profession.

On les rencontrait dans ce quartier pour deux raisons : d’abord, les Lorettes profitaient de l’animation culturelle du quartier Saint-Georges pour faire des rencontres et choisir leurs nouveaux amants. Ensuite, les prix des loyers de La Nouvelle Athènes étaient très bas, ce qui leur permettaient d’habiter dans des immeubles élégants récemment construits, dans une apparente richesse, en attendant que les propriétaires jugent de la salubrité de leurs logements.

Un quartier intellectuel et artistique

Dès sa construction, l’atmosphère particulière de La Nouvelle Athènes allait attirer, en plus des Lorettes, des artistes, des comédiens et des écrivains, conquis par les prémisses d’une modernité qui ne demandait qu’à s’épanouir. Devenant alors le haut-lieu d’un bouillonnement intellectuel, ce nouveau quartier fût fréquenté par des noms illustres comme Eugène Delacroix, Théodore Géricault ou encore Frédéric Chopin, pour n’en citer que quelques uns. Elle vit même prospérer en ses murs le romantisme français, un des courants majeurs du XIXème siècle qui ouvrait la voie à un art subjectif, en opposition avec la tradition.

Encore de nos jours, le 9ème arrondissement de Paris est un haut-lieu de la culture parisienne avec ses théâtres, ses cinémas, son opéra et ses musées. Pour le découvrir dans un lieu empreint de convivialité, témoin du passé mais tourné vers l’avenir, l’hôtel Arvor est l’endroit parfait. En posant vos valises dans l’une de ses chambres confortables, vous pourrez ainsi explorer La Nouvelle Athènes, le quartier branché de South Pigalle, ou encore le village pittoresque de Montmartre, réputé pour sa basilique du Sacré-Cœur et son Moulin rouge. Ce dernier est d’ailleurs encore aujourd’hui un des lieux incontournables de la vie nocturne parisienne.